Grâce à de nombreuses études, nous avons une connaissance de nos microbiomes intestinaux et de l’impact de notre flore intestinale sur notre vie.

Nous comprenons même maintenant que notre peau a un microbiome et notre bouche aussi.

Mais ce que la science commence à peine à révéler et à comprendre, c’est que notre environnement quotidien abrite également une population diversifiée de bactéries et que notre interaction quotidienne avec celle-ci influence grandement notre microbiome corporel.

Pour la faire courte : notre monde “extérieur” a un impact sur notre monde microbien intérieur… et vice versa. Cet environnement microbien est diversifié et peut même nous aider à nous protéger des maladies…

Qu’est-ce qu’un microbiome domestique ?

Nos maisons ont un environnement microbien riche et diversifié. Nous n’en sommes encore qu’aux balbutiements des études menées sur les microbes “domestiques” et commencer à peine à les comprendre.

Alors que de nombreuses personnes sont familières avec les “germes” et les pathogènes dangereux, toutes les souches bénéfiques ne sont souvent pas aussi bien comprises.

Dans nos simples portes intérieures de maisons peuvent se trouver “plus de 73 000 espèces de champignons et 116 000 espèces de bactéries“.

Cela inclut de nombreuses espèces de bactéries bénéfiques, ce qui porte les chercheurs à croire que notre microbiome environnemental travaille en synergie avec nous et peut même nous aider à nous protéger des bactéries nocives.

Des facteurs comme les animaux de compagnie et la présence de plantes d’intérieur peuvent changer l’environnement microbien d’une maison.

Pourquoi le microbiome domestique est-il si important ?

Cet environnement microbien se développe en fonction de nous et de nos microbes, mais aussi en réponse aux facteurs extérieurs qui entrent en contact avec notre environnement (animaux de compagnie, pesticides, nettoyants chimiques, etc.)

Les enfants qui sont exposés à des animaux de compagnie à un âge précoce ont jusqu’à 13 % moins de risques de faire de l’asthme. Encore plus surprenant, les enfants Amish et les enfants qui grandissent dans les fermes montrent un microbiome plus diversifié. Ils ont également un risque réduit de 50%+ de développer des allergies et des maladies auto-immunes. Les enfants ont besoin d’être exposés à une certaine saleté.

D’un autre côté, les téléphones portables peuvent être plus contaminés que les sièges de W.C ! Les séchoirs de certains W.C publiques quant à eux éjectent un nombre incroyable de bactéries nocives partout. Il s’avère que les sièges de toilette et les taies d’oreiller présentent des caractéristiques microbiennes très similaires.

Ce microbiome interagit avec nous et avec nous toute la journée. Puisque nous passons maintenant plus de temps à l’intérieur qu’à l’extérieur et que l’air intérieur peut être beaucoup plus pollué, il est peut-être temps de s’attarder sur le microbiome de la maison non ?

Les facteurs qui nuisent au microbiome domestique

Nous savons donc que les animaux de compagnie et l’exposition aux bactéries dans une ferme peuvent améliorer l’environnement microbien. M

alheureusement, certains facteurs peuvent aussi nuire au microbiome domestique :

  • la moisissure : les maisons modernes sont plus susceptibles de contenir des moisissures parce qu’elles sont bien isolées et ont des matériaux comme le bois et le papier où les moisissures peuvent facilement se développer. Les métabolites toxiques des moisissures peuvent causer une irritation de la peau et des poumons et même des dommages à l’ADN.  La moisissure cause également un déséquilibre de l’environnement bactérien dans une maison et facilite la croissance des bactéries nocives.
  • Produits antibactériens : on pourrait penser qu’avec des centaines de milliers de champignons et de bactéries dans notre environnement, l’utilisation de produits antibactériens serait une bonne chose, mais il s’avère que c’est le contraire. La recherche montre que l’eau et le savon sont aussi efficaces que les produits antibactériens, et peut-être même beaucoup plus sûrs ! L’exposition à des savons antibactériens peut altérer notre microbiome cutané et intestinal. Puisque nous savons maintenant que le microbiome du corps affecte l’expression des gènes, c’est très important ! Il est donc urgent d’utiliser des produits de nettoyage sécuritaires.
  • Pesticides : des études montrent que l’exposition aux pesticides modifie le microbiome de l’organisme, et cela vaut également pour le microbiome domestique. Pourtant, de nombreuses personnes pulvérisent régulièrement des pesticides sur et autour de la maison.

Comment améliorer le microbiome de sa maison ?

Parlons maintenant de quelques mesures simples et pratiques que nous pouvons tous prendre pour soutenir le microbiome domestique :

  1. Ajoutez de bonnes bactéries à l’environnement en utilisant par exemple des probiotiques bénéfiques pour votre maison. Vous pouvez utiliser du spray probiotique partout dans la maison une fois par mois pour optimiser l’environnement microbien. Tâchez de choisi un spray testé en laboratoire et spécialement conçu pour réduire la croissance des moisissures et améliorer l’environnement bactérien d’une maison.
  2. Enlevez les chaussures à l’intérieur : de nombreux pays ont une tradition bien ancrée d’enlever ses chaussures avant d’entrer dans une maison. Nous marchons toute la journée à l’extérieur et probablement sur de l’herbe aspergée d’herbicides et de pesticides. Lorsque nous portons des chaussures à l’intérieur, toutes ces choses se retrouvent dans la maison et sur le plancher où nos enfants et nos animaux domestiques jouent.
  3. Utilisez des produits de nettoyage naturels : les nettoyants et désinfectants antibactériens tuent même les bactéries bénéfiques dans l’environnement domestique et altèrent le microbiome. Bien sûr, nous devons tous garder nos maisons propres… et c’est là que les nettoyants naturels entrent en jeu. Les nettoyants naturels comme les savons naturels et l’eau sont assez efficaces pour nettoyer les gros dégâts au besoin, mais n’ont pas d’effet négatif à long terme sur le microbiome de la maison.
  4. Évitez les pesticides et les produits antibactériens : avec tant d’alternatives naturelles, il est maintenant facile d’éviter les pesticides et les antibactériens agressifs. Une première étape importante est de ne pas acheter les mauvaix produits ! On peut tout à fait fabriquer ses propres nettoyants naturels et éviter les produits antibactériens.
  5. Adoptez des plantes d’intérieur : l‘ajout de quelques plantes bien choisies à votre maison est une excellente façon de stimuler les bonnes bactéries. Les plantes (et la saleté dans laquelle elles vivent) sont accompagnées d’une grande variété de virus et de bactéries, et plus de 99 % d’entre eux sont inoffensifs ou bénéfiques.
  6. Adoptez un animal de compagnie : la présence d’un animal de compagnie à la maison est corrélée à un risque réduit d’asthme et d’allergies chez les enfants. C’est un engagement important, mais adopter un chien ou un chat est une excellente façon d’améliorer votre environnement bactérien.
  7. Ne désinfectez que lorsque c’est vraiment nécessaire : dans la plupart des cas, les désinfectants sont beaucoup plus nocifs que que ce qu’ils sont supposé éliminer.  Lorsque vous désinfectez, commencez par du peroxyde d’hydrogène. Il tue les virus, les bactéries et les champignons et est le désinfectant naturel le plus sûr qui soit.
  8. Envisagez un filtre à air pour la pollution par les particules. Dans la plupart des cas, il suffit d’ajouter quelques plantes d’intérieur et de passer à des nettoyants naturels pour améliorer le microbiome de la maison. Mais dans les zones très polluées ou dans les maisons endommagées par la fumée ou les moisissures, un filtre à air de très haute qualité est un excellent ajout.

Sources : 

https://www.newyorker.com/tech/elements/what-your-dust-says-about-you

http://science.sciencemag.org/content/349/6252/1034.summary

https://www.upi.com/Science_News/2016/11/11/Study-finds-link-between-pesticide-exposure-and-microbiome-changes/6611478893797/